LES BLES D’OR DU CHELIFF
Belgacem Aït Ouyahia (ancien interne à l’hôpital d’Orléansville en 1953-1954) -
Casbah Editions- Alger 2002 - pp. 07 à 17
Robert, Jean, Gustave et les autres. . .
La pluie qui n'avait cessé de tomber pendant trois jours s'était arrêtée dans la nuit et, ce matin du 2 octobre 35, le soleil brillait de nouveau sur Alger. A Ben Aknoun, la cour du lycée, lavée, toilettée, accueillait son monde comme en un jour de fête. Pour leur première rentrée, les garçons étaient accompagnés de leurs parents, plus exactement de leurs pères ; car dans la société algérienne des années trente et quarante - et même plus tard - on reléguait volontiers la mère aux seules tâches domestiques, même dans ces circonstances privilégiées, si chargées d'émotion, comme la première journée de lycée de son enfant ; et les Européens d'Algérie, qui se disaient outrés du «comportement barbare» des Arabes avec leurs épouses, n'avaient parfois rien à leur envier en la matière. Mutatis mutandis…
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