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La grande famille algérienne des El Hadj

Extrait du journal le Progrès de 1910.

  

  Parmi les grands chefs algériens loyaux qu’a signalée l’Histoire de l’Algérie, le nom de El Hadj est l’un des plus célèbres et fut porté par plusieurs aghas et caïds. L’un, Ahmed El Hadj, agha de C., en 1845, laissa un mémorable souvenir. Son dévouement à la cause française lui ayant valu un commandement important, il eut pour mission de combattre aux environs de Mostaganem, un certain Bou-Maza fameux par ses exploits, et qui avait réussi à se faire connaître auprès des tribus fanatiques, comme « l’homme de l’heure », le Radjoulé- Saa, annoncé par les prophéties.

  Pour son prestige auprès de ses fidèles, il exhibait une marque grosse comme une pastille qu’il s’était faite au front, indice certain, selon les crédules que ce stigmate était d’origine divine.

  Donc Ahmed El Hadj ayant poursuivi « l’envoyé du ciel », le mit en déroute, après douze heures de course dans la montagne, et considéra son trésor comme de bonne prise.

   Bou-Maza, n’ayant pour tout bagage que son grain de beauté se réfugia chez les Beni- Fighrins, qui l’acclamèrent leur chef, et s’allia au bandit Aïssa - le fils du Diable - pour tenter l’audacieux projet de détruire les villes de Ténès et d’Orléansville.

  Croyant la compagne plus sûre, l’agha El Hadj quitta momentanément son commandement, et partit pour Mazouna chercher la fiancée de son fils Mohamed. Alors, il forma une petite troupe pacifique, sans munitions de combat, composée de personnages richement vêtus et de femmes de sa famille, couvertes de bijoux afin d’honorer superbement sa future bru, ainsi que cela se voit dans les récits bibliques.

  Mais Bou-Maza apprit le déplacement de l’agha. Il se mit en route, à la nuit, pour venger sa défaite, et massacra, à l’improviste, la suite d’un caïd protégé de la France, qu’il avait pris pour El Hadj lui-même. Les dix spahis de l’escorte moururent à leur poste.

  Bou-Maza revenu de son erreur, affubla plusieurs de ses cavaliers du manteau rouge des spahis tués et se tint à l’embuscade au lieu-dit Sidi Mohamed.

  La méprise permit à l’agha de parcourir sans encombre les hautes vallées dénudées du Médiouna, pour arriver avant le soir en vue de Mazouna, l’oasis enchantée de ces régions africaines.

   En ce paradis, où comme une mer d’azur s’apaisent les lointains infinis de l’atlas, dominés par les cimes irisées et hardies de l’Ouarsenis, Mazouna, délicieuse, se blotissait (sic) dans un vallon arrosé d’eaux abondantes, véritables bassin fleuri où ses bords, les collines, se recouvraient de vignes enchevêtrées, de vergers et jardins mystérieux.

  Et la petite troupe, dans l’air poudré d’une chaude journée, après avoir des hauteurs, salué la ville de l’élue, descendit en silence par un chemin creux bordé de haies en fleurs vivifiées par les sources et entra solennellement dans la fraîche cité aux terrasses et aux maisons blanches, dorées encore de mourantes lueurs.

  Le lendemain, à l’aurore, la jeune fille abandonnant le pays natal, suivait l’Agha vers les hauts plateaux. Montée sur un palanquin, elle était bercée au pas cadencé de la monture, et à ses yeux rêveurs s’ouvraient des horizons nouveaux où Mohamed l’invitait.

  Un goum l’entourait comme une garde d’honneur et galoppait (sic), se livrait à la joie dans les évolutions les plus gracieuses, tirait des coups de fusil, et excécutait (sic) une brillante fantasia, quand, à……………………………………………………………………………………………………………………….. ? (à quelques mètres, surgissait les hommes de Bou-Maza et commençaient à tirer sur le convoi, N.D.L). Défensives et surpris s’enfuit. El Hadj en héros se plaça près de la fiancée de son fils et se fit tuer les armes à la main, accomplissant son devoir de père. A ses côtés périrent les notables qui l’accompagnaient.

  Avertis, les habitants de Mazouna, négocièrent le rachat des femmes prisonnières ; le schérif les rendit nues prétextant que les vêtements et les bijoux n’étaient pas compris dans le prix de la rançon. Il ne retint auprès de lui que la fille de l'agha, âgée de 17 ans et fort belle.

   Plusieurs jours après cet guet-apens, et dans un nouvel engagement, les capitaines Lapasset et Richard chevauchaient côte à côte et poursuivaient les fuyards en compagnie d'Ali, l'un des fils de l'agha défunt, lorsque au-dessus d’eux, ils entendirent sortir d’un olivier, ce cri : Ali ! Krouia ! (Ali ! mon frère !). Ils levèrent la tête, virent une jeune fille cachée sous les feuillages, et reconnurent en elle la jeune prisonnière, échappée à son ravisseur au plus fort de la mêlée. Ils s’approchèrent, aussitôt elle mit le pied sur le pommeau de la selle d'Ali, et tomba dans ses bras. Le frère et la sœur venaient de se retrouver, et tous deux, sur le même cheval apparurent au village.

  Après une si touchante contraternité (sic) d’armes, plus que jamais, la France eut dans la famille El Hadj l’appui le plus dévoué. Aussi, le fils d'Ahmed, Mohamed, continua-t-il le loyalisme paternel. En 1840, il était Caïd des Caïds, et à la mort de son père, devint agha. Gravement blessé à la tête, en 1847, dans une rencontre avec les Flittas, il était fait chevalier de la légion d'honneur. En 1863, à la suite de la répression de Beni Fighrine, il était promu officier. La croix de commandeur fut le couronnement de sa noble carrière, et il mourut en 1888, à l’âge de 84 ans, dans l’exercice de ses fonctions.

  A sa mort, les chefs de familles furent le caïd B. et le caïd K., chevalier de la légion d’honneur. B., l’aîné, officier de l’Ordre, possède de grandes propriétés près d'O. où il siège comme juge titulaire et à sous sa juridiction les douars G. et T.

  Le caïd El Hadj aime Paris, où il ne compte que des amis, et se complait aux fêtes et réceptions de la Capitale. Brillamment vêtu d’un burnous blanc ou rouge, cousueilé (?) de décorations, le port imposant et l’allure martiale, il excite la curiosité bienveillante des promeneurs, qui parfois, manifestent tout haut leur pensée. Une fois même, il surprit la réflexion d’une jolie femme : « Tiens ! un ambassadeur marocain ! » Mais aussitôt El Hadj de répliquer galamment et en excellent français: Non Madame je suis un caïd algérien !

Pierre Gusman

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