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Septembre 1974 Al-Asnam

Septembre 1974 Al- Asnam

Extrait de l'ouvrage, FLASH SUR LA REVOLUTION de Hacène Ouandjeli
(ancien journaliste d'El Moudjahid) - Enal 1984 pp. 101/110.

La guerre, décidément, est encore très proche...

La rencontre a lieu au siège de l'organisation des moudjahidine. Trois hommes parlent de leur passé. Ils le font sans passion, simplement, au fur et à mesure que le film des souvenirs se déroule dans leur esprit, que les images d'une époque bouleversante, mais exaltante, remontent d'un coup au présent. Ils racontent ce jeu dangereux avec la mort, avec des mots de tous les jours. Ils sourient même au rappel de menus détails qui avaient pourtant toute leur importance parce que leur vie y était étroitement attachée. Mais cet air enjoué qu'ils affichent ne trompe pas ; ce n'est qu'une façade, un masque.

Ces hommes, assis en face de moi, sont encore englués dans le passé à la fois si proche et si lointain. Les faits qu'ils rapportent sont si précis, si détaillés, qu'il est difficile de croire qu'ils remontent à plusieurs années. Pour eux, c'est comme si c'était encore hier. Seulement, ils n'aiment pas avouer que cette tourmente de fer et de feu, que .fut une période bien déterminée de leur vie, est une partie d'eux-mêmes. Pour ces hommes, aujourd'hui paisibles citoyens, le passé ne sera jamais mort. C'est leur secret qu'ils n'ont jamais dévoilé à ce jour.

Séparément, ils sont venus au rendez-vous. Trois anciens fidayine. Trois anciens " terroristes ", comme les qualifiaient les journaux de l'époque, les services de police, le deuxième bureau, comme les qualifiait aussi l'ennemi qu'ils combattaient. Leur champ d'action, c'était la ville d'Al Asnam, où l'atmosphère de guerre était partout présente. Les colons, les militaires revenant où s'apprêtant à .faire des ratissages dans les montagnes, les harkis, tous, ne devaient connaître aucun instant de répit. C'était à ces trois hommes et à beaucoup d'autres comme eux, d'instaurer un climat de terreur, de .frapper les esprits, grâce à des actions d'éclat.

Leur mission a été accomplie. AI Asnam n'appartenait plus aux colons. Tous les jours, à tous moments, les fidayine exécutaient ceux qui avaient été condamnés par le Front de libération nationale. Les explosions de bombes et de grenades, les coups de feu, mille fois répétés, disaient à l'occupant qu'il n'était plus en sécurité. Le combat était souvent très inégal, mais le fidaï le menait même au prix de sa vie. La Révolution l'exigeait. Alors que les monts de l'Ouarsenis étaient déchiquetés, la ville d'Al Asnam connaissait la tension et l'insécurité. Les moudjahidine dans les maquis, les fidayine dans les centres urbains, tous menaient le combat pour la liberté.

Tel est le genre d'hommes que je viens de rencontrer aujourd'hui…

L'année 1956 tire à sa fin

L'automne est déjà bien installé à Al Asnam, mais les journées restent encore bien douces. Bouhamidi Bouazza attend avec impatience la sortie d'usine. Il est employé dans l'entreprise de construction Mattaoui. Cela lui sert de couverture. Il a une fiche de paie à brandir aux barrages. Pour occuper son esprit, pour tromper son attente, il revit la réunion de la veille. Le groupe de fidayine s'était retrouvé à " Ard-El-Bayda " (la terre blanche), un quartier situé en dehors de la ville. Il y avait eu vote pour désigner celui qui devait faire l'attentat d'aujourd'hui. Il fut désigné à l'unanimité. Le choix l'avait comblé.

Ce sera son premier attentat. Dans l'exécution du boulanger Beyettou - un colon - il n'avait fait qu'ouvrir le chemin à Hmidat, un autre fidaï. Mais cette fois les choses sont plus sérieuses. C'est lui qui doit tirer. On lui a laissé l'initiative et toute latitude pour mener son action, à la seule condition qu'il doit agir à la "Cité d'Urgence", dans un des cafés fréquentés par les colons...

La journée lui paraît bien longue. Ce n'est pas de l'anxiété, mais plutôt un sentiment d'impatience qui l'étreint. Accomplira-t-il sa mission sans coup dur ? La Cité d'Urgence, construite après le séisme, est à plusieurs minutes de marche du lieu de son travail. Suivant le flot de travailleurs, Bouazza prend, à pied, la route d'Oran. Il ne se presse pas. Il sait que le "contact" qui doit lui remettre l'arme sera fidèle au rendez-vous fixé à 19 h 30. La nuit est maintenant tombée et le temps est clément. Bouazza repère son " contact ". L'homme vient à sa rencontre et lui remet un paquet enveloppé. Furtivement, il le met dans la poche de sa veste, et de sa main touche la crosse du pistolet.

Il interroge: " Il fonctionne ? Et le chargeur ? " Les réponses le satisfont.

Les cafés de la cité, sur la gauche, sont abondamment éclairés. Profitant de la température très douce, plusieurs Européens consomment sur la terrasse, installée en bordure de la route.

Bouazza, maintenant, accélère l'allure. Son " contact " marche devant lui. Bouazza crispe la main sur la crosse. Il essaye de fixer son choix dans tout le monde, attablé et dégustant, qui une bière, qui un pastis. Son regard accroche même des assiettées de kémia. Et, sans qu'il sache trop comment ni pourquoi, il se dirige vers une table, légèrement en retrait. Quatre loueurs de belote ramassent les cartes sur le tapis. Le dos large, les épaules très développées qui s'offrent au regard de Bouazza sont trop tentants. Ils s'approche (sic) de très près, et personne ne le remarque...

Par deux fois, il fait feu. L'homme se couche sur la table. Une troisième fois, Bouazza tire sur l'autre joueur qui lui fait face et qui, d'un bond, a tenté de se redresser. Un déclic. L'arme s'est enrayée. La pagaille est générale. Des cris, des hurlements, des tables renversées. Des gens qui courent, qui fuient dans toutes les directions.

Bouazza, lui, prend par l'oued. Il court à perdre haleine. Instinctivement, il a suivi son " contact ". Ce n'est que le lendemain qu'il devait apprendre que le colon exécuté était un architecte...

Juillet 1960 :

"Si tu veux " monter au maquis ", il faudra faire un attentat. " C'est cette phrase qui martèle, comme une douleur lancinante, l'esprit de Boughrab Djillali. Il tient à mettre ses dix-huit ans, sa jeunesse et sa vie au service de la révolution armée. Son monde à lui est partagé entre les djounoud et les militaires. Aux visites et aux rencontres avec les premiers, succèdent toujours les interrogatoires et les arrestations de plusieurs jours. C'est inévitable. Et cela ne peut plus durer.

Son frère, ses cousins, son oncle ont rejoint longtemps le maquis. Sa mère est emprisonnée, et les perquisitions chez lui sont presque quotidiennes. Etant le plus âgé de ceux qui restent à la maison, c'est lui qui doit répondre aux éternelles questions: " Où est ton frère, où est ton oncle, où sont les fellagas ? ". Et il va passer, invariablement, deux à quatre jours en prison. Il faut que cela cesse. Il faut que lui aussi aille rejoindre ses proches au maquis, dans l'Ouarsenis. C'est maintenant une idée fixe. C'est pourquoi, sans hésitation, il a accepté de réaliser une action de fidaï. Et en pénétrant pour la première fois de sa vie dans le café " La Rotonde ", la condition impérative: "il faut faire d'abord un attentat" lui revient avec plus de force à l'esprit. Il ne lui reste qu'à appliquer scrupuleusement le plan qui lui a été communiqué.

Le café "La Rotonde", dans l'avenue principale d'Al Asnam, est fréquenté par les Européens de la ville. C'est un café-bar où viennent aussi se désaltérer les militaires. En franchissant pour la première fois le seuil de l'établissement, le cœur de Djillali bat la chamade. Djillali connaît la même appréhension. Ils seront peut-être injuriés et obligés de quitter précipitamment les lieux. Mais non, rien ne se produit. Personne ne prête attention à ces deux jeunes Algériens accoudés au comptoir, deux bières devant eux. La consigne avait été formelle. Pour ne pas éveiller les soupçons, il faut consommer de la bière. "Ceux qui prennent de l'alcool ", pensent les colons, sont contre le F .L.N. Boughrab ne peut avaler la première gorgée. C'est amer. Il s'efforce à trouver le liquide délicieux et rafraîchissant. Guendouz réagit de la même manière. Il ne faut pas qu'ils paraissent contractés, mal à l'aise. Boughrab fait même mine de battre le rythme, de son pied, d'une musique dispensée par le juke-box.

Et, dix jours durant, l'opération se répète. A 15 h 30 précises, les deux jeunes entrent dans le café. Tantôt l'un, tantôt l'autre, ils tiennent à la main un sac. Il faut savoir si, le jour " J ", ils ne risqueraient pas d'être fouillés ou interpellés, à cause du sac qui doit servir à transporter la bombe. Pendant dix jours, ils répètent les mêmes gestes, le même scénario. Le lieu leur est devenu familier, et le barman, d'un clin d'oeil entendu, leur sert derechef les deux bières. Au bout de dix à quinze minutes, les deux jeunes ressortent et enfourchent leur bicyclette laissée à quelques mètres de " La Rotonde ". En sortant du café, en ce 26 juillet 1960, Boughrab se dit que demain, à peu près à la même heure, ce secteur va " chauffer ". Le soir, il met longtemps à trouver le sommeil. . .

27 juillet 1960 :

Le soleil est éclatant. Il inonde la route d' " Ard-ElBayda " à Al Asnam. Sur sa bicyclette, Boughrab Djillali roule très lentement. C'est lui l'éclaireur. Son ami, transportant la bombe, suit derrière à trois cents mètres environ, gardant la distance. Si un éventuel barrage est rencontré, Boughrab doit avertir son compagnon. Le signal convenu est la bicyclette allongée en bordure de la route. Rien ne se passe, et tous les deux entrent sans encombre dans la ville écrasée par la chaleur. Il est encore trop tôt, et il n'est pas question de flâner en attendant 16 heures avec le sac. D'un commun accord, ils décident de se rendre chez un épicier de leur connaissance, ouvert à cette heure-là. Il est à peine quinze heures. Il reste près de 60 minutes à tirer. Les deux jeunes pénètrent derrière le comptoir et commencent à discuter avec le vieil homme. Il n'y a aucun client. Guendouz dépose près de lui le sac. Voilà qu'un bruit insolite attire leur attention à tous. Il provient du sac. Dans le silence de l'épicerie, le système d'horlogerie de la bombe fait un bruit infernal. L'épicier s'empresse de savoir ce que c'est et fouiller le contenu du sac. Boughrab, surmontant sa panique, l'en empêche de justesse. Il essaie de se maîtriser, de paraître calme. Il assure l'épicier qu'il n'y a rien d'important. Mais celui-ci a compris. Il leur demande de quitter les lieux, et s'empresse de baisser le rideau...

Les revoilà donc dehors, sur le trottoir, désemparés. Le sac est lourd. Il pèse plus de quinze kilos. Ils craignent le passage d'une patrouille, Ils ne peuvent se rendre encore à " La Rotonde ". C'est à 15 heures 45 précises qu'ils doivent y pénétrer et en ressortir à 15 heures 55. Les minutes sont longues à s'égrener. Une autre épicerie est ouverte, et les deux fidayine s'y dirigent. Ils commandent deux limonades qu'ils prennent sur le pas de la porte.

15 h 40 :

Ils débouchent sur la rue d'Isly. La terrasse de " La Rotonde " est pleine à craquer. Il y a des militaires, des couples, des groupes discutant et riant aux éclats. Boughrab pénètre le premier dans la salle, suivi de son ami. Ils se dirigent vers le coin du comptoir, en retrait de l'entrée. Boughrab passe la commande - deux bières - et se dirige vers le juke-box alors silencieux. Il faut qu'il mette un disque pour étouffer le bruit de " l'horloge ". II glisse dans la fente une pièce de 20 centimes et la chanson " Chéri je t'aime, chéri je t'adore " captive l'attention de quelques consommateurs de la salle plongée dans la pénombre.

15h 55 :

Boughrab regarde furtivement sa montre. C'est le moment de filer. Un signe de tête à Guendouz. Il sort le premier en fredonnant quelques paroles de la chanson. Il les fredonne encore en se faufilant entre les tables installées sur le trottoir. L'endroit où ils ont laissé leur bicyclette leur paraît bien loin...

16 heures :

La chanson vient de s'éteindre dans le parleur du juke-box et une explosion déchire le silence. Elle est entendue du dehors. C'est la cohue. A l'intérieur, on relève un blessé. La bombe a fait plus de boucan que de dégâts. L'artificier a raté son œuvre...

La nuit est tombée depuis longtemps sur Ard-El-Beyda. Son voile noir cache la laideur et la pauvreté du quartier populeux. A l'intérieur d'une de ces maisons sombres et silencieuses, allongé sur un matelas à même le sol, Boughrab n'arrive pas à trouver le sommeil. Il ignore encore les résultats de son action. Il ronge son frein. Demain, il se renseignera. Demain, il sera certainement djoundi... Des coups de crosse, des cris, des interpellations le font dresser de son lit. Les parachutistes sont là. Ils l'emmènent. Dehors, encadré par deux militaires, il voit son ami Guendouz, lui aussi arrêté. Les choses n'ont pas tardé. Ils avaient été reconnus. Interrogatoires, tortures, camp de Beaufils (Cinq-Palmiers). Deuxième Bureau. Tribunal militaire. Boughrab Djillali est accusé d'association de malfaiteurs et d'homicide volontaire. Il est condamné à perpétuité. Il n'a que dix-huit ans...

Automne 1959 :

Medjehed Ali est revenu au pays, après un séjour de plusieurs années en France. C'est lui qui a demandé à ses responsables de la fédération F.L.N. de France de retourner en Algérie. Il veut rejoindre les rangs de l'A.L.N., dans les montagnes de l'Ouarsenis qui l'ont vu naître. Collecter les fonds, convaincre les hésitants est un travail qui ne répond pas à son enthousiasme, à sa jeunesse. Il obtient l'accord de regagner sa ville natale. Là, à Al Asnam, sans tarder, il contacte des responsables du F.L.N. Son désir le plus cher est de devenir lui aussi combattant de la liberté. Il faut qu'il passe cependant le test obligatoire. Il doit réaliser d'abord un attentat. Il a le choix du jour et de l'endroit. Ce sera le " Bar Central ", et ce sera un vendredi qui est jour de marché. Il y aura beaucoup de monde dans les rues et beaucoup de militaires dans ce bar. En venant se ravitailler au marché, les parachutistes viennent prendre quelques bières avant de regagner leur caserne.

Il communique ces données aux responsables. Tout est au point, mais le plus gros travail est de faire entrer la grenade en ville. La méthode est vite trouvée. Un éclaireur doit " ouvrir " la route, et Medjehed suivrait derrière. En cas de danger, il rebrousserait chemin. C'est la première fois qu'il voit de si près une grenade. Elle est d'une grosseur moyenne. En la lui remettant, le responsable lui explique que lorsqu'elle explose elle se désintègre en 45 morceaux d'éclats. Le chiffre l'impressionne. Il écoute aussi attentivement les consignes à appliquer pour la dégoupiller et la lancer. Medjehed retient tout, fixe dans son esprit tous les gestes à accomplir, au moment opportun... Mentalement, il répète en pédalant ferme sur la route menant à Al Asnam. L'engin est dans sa poche. Il ne voit plus son compagnon éclaireur.

Brusquement, à un tournant, à l'embranchement de l'Oued-Sly, apparaissent les gendarmes. La surprise lui fait perdre le contrôle de ses réflexes. Il risque d'être fouillé. Il ne peut pas fuir, ni rebrousser chemin. Les gendarmes l'ont vu. Ils ne sont qu'à une vingtaine de mètres. Sa décision est prise. Il fera exploser la grenade, au milieu des gendarmes. Il sautera avec. Lâchant le guidon d'une main, il plonge l'autre dans la poche de sa jaqette (sic).

La bicyclette zigzague, et Medjehed chute aux pieds d'un gendarme. La crainte, la rage, le rendent immobile... Le gendarme s'adresse à lui: " Qu'est-ce qui t'arrive ? tu tombes tout seul, toi ?" Le ton n'est pas menaçant, plutôt goguenard. Dans un français approximatif et tout en se relevant, Medjehed lui répond d'une voix incertaine : " M'sieu le gendarme, en vous voyant, j'ai freiné brusquement et j'ai perdu l'équilibre... "

Et voilà comment il est arrivé sans encombre dans la ville. Il faut cacher la grenade. Par deux fois, il lui change de cachette, la première n'étant pas sûre. C'est dans le jardin de sa maison qu'il l'enterre finalement. Le sur-lendemain, sera vendredi. Il a arrêté l'heure où il lancera la grenade. Ce sera à 17 h. C'est le moment idéal, car avant de regagner leur campement, le soir, les militaires prennent, très nombreux, " le dernier pot " . . .

Le jour du marché est très animé. Le centre-ville grouille de monde. La grenade en poche, Medjehed entre dans les toilettes de la mosquée, examine une dernière fois l'engin, répète les gestes à accomplir et sort. Débouchant sur la rue d'Isly, il prend le trottoir de gauche où des travaux de construction sont réalisés. Un mur de bois sépare le chantier du trottoir. Il l'enjambe et se retrouve ainsi caché des regards d'une foule nombreuse et bruyante. Au bout du trottoir, il s'arrête derrière un kiosque à tabac qui fait face au Bar Central. Celui-ci fait angle avec les rues d'Isly et Paul-Robert. Le bar à l'intérieur est plein de monde.

Des militaires, au seuil de l'entrée, bouteille de bière à la main, discutent. Ce sont des parachutistes.

D'un geste, Medjehed tire de sa poche la grenade, la dégoupille et la lance en l'air de façon qu'elle tombe sur l'autre trottoir, devant l'entrée du Bar Central. C'est fait en une fraction de seconde. Medjehed se retourne pour fuir, juste avant que la déflagration ne se produise dans un terrible fracas. Un Européen, un colon espagnol, est devant lui. Il lui barre la route. Il a de suite compris ce que vient d'accomplir Ali. Il s'apprête à l'arrêter. Par un instinct de conservation, le nouveau fidaï plonge la main dans la poche de sa jaquette; l'Espagnol libère le passage et arrête son geste. Dans la poche, il n'y avait rien, même pas un canif...

L'explosion a fait quatre morts: deux parachutistes ; la fille de Garéro, un Espagnol propriétaire terrien; un enfant de 8 ans qui passait avec une gamelle pleine de lait. Ali Medjehed, quelques rues plus loin, arrête sa course folle. Il adopte l'allure du flâneur. Ses pas le remènent (sic) près du Bar Central. Il y a toujours des curieux. De la foule, des voix menaçantes s'élèvent. On parle de "terroristes", de "fellagas". Calme, Medjehed regarde, lui aussi, les corps recouverts. Sur le sol, deux flaques, des traînées de couleurs différentes: blanche et rouge. Les flaques de lait et de sang s'étirent comme pour se rejoindre et se confondre.

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