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Modifications territoriales - Dossier n° 3/134

Vœu tendant à la création du département d'Orléansville ou du Cheliff


3ème Commission - Rapporteur : M.BISGAMBIGLIA

Séance de l'Assemblée Algérienne du 17 novembre 1955.


M. le Rapporteur.

Messieurs, au cours de la séance du 10 novembre courant de notre Assemblée les élus de l'arrondissement d'Orléansville ont déposé un vœu tendant à la création du département d'Orléansville, qui a été renvoyé en commission.

Votre 3ème commission après en avoir délibéré a constaté que la création de nouveaux départements en Algérie a été décidée. Celui de Bône l'est déjà. Celui de Kabylie est à l'horizon. Il est apparu aux élus de l'arrondissement d'Orléansville qu'une solution comparable à celle de Bône devait être adoptée en ce qui concerne l'Ouest de l'Algérois et une bande de l'Est oranais.

Cette région est limitée à l'ouest par une ligne incluant du nord au sud Renault, Inkermann et Trumelet, et, à l'est, par une ligne partant de Dupleix (oued Damous) sur la côte et allant directement rejoindre les limites de l'arrondissement de Miliana qu'elle englobe tout entier, ce qui représente un ensemble harmonieux qui permettrait la création immédiate d'un nouveau département.

En effet, sur le plan économique cette nouvelle unité administrative semble parfaitement viable. Aux ressources agricoles, aux cultures irriguées du Chéliff, aux vignobles du Dahra, s'ajoutent les minerais de fer du Zaccar, les minerais de zinc de l'Ouarsenis et les profits de la pêche.

L'élément européen est d'une densité suffisante et l'élément musulman est d'une rare homogénéité. Les rapports des populations sont tout à fait cordiaux.

Enfin, sur le plan psychologique, la population de la zone comprise dans le séisme de 1954 a fait preuve d'un tel attachement à son terroir, d'une grande foi dans son destin telle qu'une promotion départementale ne peut que l'encourager dans la poursuite de ses œuvres créatrices.

Ce sont ces raisons qui ont incité les signataires de ce vœu à le présenter à vos suffrages en espérant que le Conseil Général du département d'Alger voudra bien leur faire l'honneur de le prendre en considération.

VOEU : LE CONSEIL GENERAL DU DEPARTEMENT D'ALGER

Approuvant entièrement la politique du Gouvernement de la République de réaliser une meilleure action administrative en découpant les départements algériens trop vastes,

Emet le voeu:

Qu'il sera créé un département d'Orléansville ou du Chéliff dont les limites seront fixées en tenant compte des dispositions ci-dessus - mais n'écartant pas d'autres régions de l'Algérois qui désireraient s'agglomérer au nouveau département.

M. Bortolotti.

Monsieur le Président, je tiens à dire que je suis d'accord avec mon collègue Bisgambiglia. Il serait souhaitable que le département s'appelle " département du Chéliff ", mais il serait souhaitable, aussi, que son chef-lieu soit un port. Or il n'y en aura qu'un : celui de Ténès.

Je demande au Conseil Général d'étudier la possibilité d'ériger en chef-lieu du département du Chéliff le port de Ténès.

M. Bisgambiglia.

Avec comme sous-préfecture : Orléansville. (Rires )

Bouchenafa.

Mon collègue Farès est absent, mais je voudrais savoir si Reibell est compris dans le futur département.

M. Bisgambiglia.

Nous ne descendons pas aussi bas. Nous ne voulons pas du désert !

M. Burkhardt.

Je ne veux pas discuter d'un point particulier mais je voudrais quand même que cette affaire, qui mérite une grande réflexion, nous permette de dire quelques mots.

Pour mon compte, je suis tout à fait partisan de la création de nouveaux départements parce que j'estime, avec vous tous, j'en suis sûr, qu'ils sont utiles. Mais, cependant, je ne voudrais pas que nous nous mettions à créer des départements - et, je ne parle pas du Chéliff plus spécialement - à jets continus sous prétexte qu'en France il y en a beaucoup.

La France est d'un "excès " contraire au nôtre, à savoir qu'elle a des départements minuscules et qu'il serait utile, du point de vue général, de les fusionner.

Je voudrais que l'étude des départements algériens soit très minutieusement poursuivie car nous prononcer sur un tracé c'est quelque chose de très délicat et, pour mon compte personnel, je ne pense pas que les hommes politiques soient uniquement qualifiés pour étudier ces problèmes.

Je sais que c'est une affaire de Gouvernement, mais peut-être le Gouvernement aurait-il pu quand même nous faire connaître quelques-unes des idées qu'il a - s'il en a.

Je voudrais surtout que cette étude soit faite dans un sens absolument économique et social.

Découper l'Algérie est un très grave problème et il s'agit de savoir ce que l'on veut faire.

Nous pourrions peut-être donner l'exemple à la Métropole d'un travail extrêmement sérieux et judicieux.

Il y a dans ce pays, et dans différents domaines, des hommes éminents et je ne comprends pas pourquoi on ne fait pas appel à leur science. Je veux citer les économistes, les géographes, les historiens et des hommes de haute valeur dont il serait bon que nous ayons la garantie avant de proposer des tracés qui peuvent répondre à certains besoins mais dont nous ne sommes pas sûrs que, tels qu'ils nous sont proposés aujourd'hui, ils refléteront les meilleurs intérêts de l'Algérie de demain.

M. Président.

Avez-vous quelque chose à ajouter, Monsieur le Rapporteur ?

M. Le Rapporteur.

Mais oui. Il s'agit ici, Monsieur le Président, Messieurs, d'un simple vœu. Mon collègue et ami Burkhardt a raison ; ce vœu pourrait être étudié par des hommes compétents qui délimiteront le département, mais ce que je vous demande aujourd'hui, c'est de voter ce vœu parce que dès que M. Ould Cadi, d'Oran, a eu connaissance de ce texte, il a déposé immédiatement un vœu demandant la création du département de Mostaganem et pour tout l'or du monde je ne voudrais pas que ma région soit incluse dans ce département.

Ce n'est qu'un vœu, je vous demande de l'adopter ; il y a en France suffisamment d'économistes et d'hommes compétents pour délimiter ce département dans les meilleures conditions,

Emettons ce vœu et nous aurons devancé l'Oranie qui veut nous englober parce qu'elle trouve que le Chéliff est d'une richesse importante.

M. Le Président.

Vous n'avez pas répondu à la question de M. Bortolotti.

M. Bisgambiglia.

Je croyais que c'était une plaisanterie. Mon collègue veut rire ; que voulez-vous qu'on fasse à Ténès ?…

Je ne veux pas discréditer Ténès, c'est notre exutoire, vous le savez bien... (rires) c'est l'exutoire de notre production, bien entendu, mais on a même supprimé le chemin de fer d'Orléansville à Ténès !

C'est une gentille petite ville pour y passer l'été, mais dès qu'arrive l'hiver, le vent balaie tout. Comment voulez-vous qu'un Préfet puisse subsister à Ténès ? …(rires) .

Que mon collègue Bortolotti le comprenne. Nous en ferons une sous-préfecture, nous créerons la Chambre de Commerce de Ténès-Orléansville et à tous les deux, si nous sommes encore en vie, car nous sommes d'un âge avancé, la main dans la main nous poursuivrons l'amélioration de notre région et nous ferons de Ténès un port assez grand pour embarquer tout le minerai de l'Ouarsenis, tous les produits de la pêche... nous canaliserons tout vers Ténès.

M. Bortolotti.

Ce que j'ai dit n'était pas du tout une boutade. Il ne s'agit pas d'une plaisanterie comme le dit mon collègue Bisgambiglia. Je souhaite ardemment que Ténès soit la Préfecture du département du Chéliff car s'il fait très froid l'hiver à Ténès, la vie est intenable à Orléansville pendant l'été; je ne vois pas du tout comment pourrait vivre un Préfet à Orléansville car le Sous-Préfet à déjà bien de la peine à s'y maintenir !…

Je vous demande avec beaucoup d'insistance et de sérieux que le vœu soit modifié dans le sens que je viens d'indiquer, à savoir que le chef-lieu du département du Chéliff soit Ténès.

M. Bentaïeb Hadj Mohammed. -

Je serais heureux de connaître les limites et le chiffre de la population du futur département du Chéliff.

M. Bonet.

Etant donné que mes deux amis Bisgambiglia et Bortolotti ne sont pas d'accord sur le lieu de la future Préfecture, je demande qu'elle soit située à Miliana où il fait bon l'été, comme l'hiver ! … (rires).

M. Siegwald.

Je suis navré de voir que l'on plaisante sur une chose aussi sérieuse. Nous n'avons pas le droit de plaisanter alors que le département d'Oran attend le moment opportun pour nous prendre un morceau de territoire. Il n'est pas question de faire un choix entre Orléansville et Ténès car pour toute la région du Chéliff, Orléansville est la capitale.

C'est un peu comme si j'avais la prétention de proposer comme chef-lieu les Attafs...

Que l'on fasse un effort pour le port de Ténès, je vous rejoins mon cher Bortolotti, mais je demande à l'Assemblée de choisir à l'unanimité Orléansville comme chef-lieu du département du Chéliff.

M. Bisgambiglia.

Peu m'importe le lieu de la Préfecture pourvu que le département du Chéliff soit créé. Prenne le chef-lieu qui veut: Bortolotti, Siegwald, Bentaïeb ou Bonet.

M. Bortolotti.

Monsieur le Président. Je me range à l'opinion de mon collègue Bisgambiglia et j'accepte volontiers que le chef-lieu du département du Chéliff soit Orléansville.

(Applaudissements)

M. Le Président.

Sous réserve des observations présentées par notre collègue Burkhardt je mets le rapport aux voix.

Adopté.

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